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La Halle de Grenade vers 1927
La Halle de Grenade vers 1927

La commune de Grenade englobe dans son territoire l’embouchure de deux rivières : La Save sur la rive gauche de la Garonne, et l’Hers mort sur la rive droite.
Elle est composée de deux agglomérations : la bastide de Grenade entre la Garonne et la Save, le village de Saint-Caprais entre la Garonne et l’Hers.

Des objets du néolithique retrouvés sur les premières terrasses de part et d’autre du fleuve, attestent d’une occupation humaine dès cette période.
Les vestiges antiques trouvés aux lieux dits Mélican, Fontaine, Grapia, Grande Baute, sur la rive gauche de la Garonne attestent d’une occupation gallo-romaine. Mais sur la rive droite des vestiges importants, datant du premier siècle avant au quatrième après Jésus-Christ, dénotent une forte présence de population. En effet, des découvertes successives et des fouilles archéologiques faites à la fin du XIXème siècle, révélaient un temple et des puits funéraires aux Garosses, une villa à Pierre Blanche, des vestiges très importants à La Garde et à Bagnols, des thermes sous l’église et le cimetière, d’où  l’ancien nom du territoire, Balnéoli (petits bains) qui s’est transformé en Bagnols au cours des siècles. Deux voies romaines traversaient le territoire, dont la Via Verdunensis qui reliait Toulouse à Bordeaux.
Notons que les fouilles des bains romains et de la fontaine de l’église ont révélé que l’emplacement était déjà un sanctuaire chrétien dès le IVème siècle de notre ère.


L'Eglise de Grenade vers 1927
L'Eglise vers 1927


L’occupation par les wisigoths n’a laissé aucune trace sur la commune, si ce n’est en toponymie le nom de la hille qui désigne le versant abrupt d’un talus.
 
Au cours des XIème et XIIème siècle, par donations successives à l’abbaye de Grand-Selve, les territoires de la rive droite devinrent la grange de Bagnols, exceptant toutefois le village du Rouanel (détruit par la crue de 1875), et ceux de la rive gauche devinrent la grange de Vieilles-Aigues sur laquelle fut bâtie Grenade.
 
La bastide de Grenade tracée sous la forme d’un damier, avec des rues larges, au milieu d’une plaine remarquable pour sa culture et sa fertilité, à mi-distance entre Toulouse et Montauban, offre aux visiteurs un site remarquable et à ses habitants les plus précieux avantages.
A l’est de la ville et à mille mètres environ, la Garonne est toujours imprévisible et capricieuse, tandis qu’à l’ouest, s’écoule, calme et tranquille, la Save qui vient lécher tout doucement ses murs.
 
On désigne sous le nom de bastide des villes nouvelles fondées par divers seigneurs dans l’étendue de leurs terres où les populations étaient attirées par l’attrait de plusieurs privilèges. Ces villes improvisées étaient généralement construites d’après un plan avec place centrale et des rues se coupant à angle droit. Les comtes et plus tard les sénéchaux de Toulouse ont multiplié les fondations de cette nature, ce qui a contribué à modifier considérablement la physionomie du pays toulousain, notamment au XIVème siècle. Un grand nombre de communes doivent leur origine ou leur renaissance à ces établissements et notamment Grenade.

Ville forte autrefois, Grenade était entourée de fossés et munie de remparts flanqués de tours : celle de Toulouse et celle de Verdun. La dernière de ces tours, située à l’angle sud-est de la bastide, et dénommée sur le cadastre de 1826 « tour ruinée », a été démolie en 1837.

La Save vers 1927
La Save vers 1927


Les remparts ayant été rasés et ses fossés entièrement comblés, on les a remplacés par des plantations qui offrent des allées ombragées.
La ville de Grenade a été bâtie d’un bloc : fondée par Philippe le Bel en 1290, elle a été construite toute à la fois et de façon déterminée en 1291. Eustache de Beaumarchais, chevalier sénéchal de Toulouse et Pierre Alfarici, abbé de Grand-Selve, en furent les vrais fondateurs.

En 1350, les Anglais ravagent les environs de Grenade. Entre-temps, les capitouls donnent l’ordre de détruire le pont pour stopper l’ennemi. Le comte de Poitiers et le duc d’Anjou séjournèrent à plusieurs reprises à Grenade, de même que le parlement de Toulouse en 1502 et 1527 pour fuir la peste. Grenade en 1575, adhère à la ligue et se rallie au roi Henri IV.
Grenade a connu le séjour du corps expéditionnaire des troupes anglo-portugaises, ayant à leur tête le duc de Wellington, quelques jours avant la bataille de Toulouse de 1814. Il fit construire sur la Garonne, au Port-haut, situés à trois kilomètres de Grenade, les pontons pour le passage de ses troupes.

En 1790, Grenade est rattachée à la Haute-Garonne et devient chef-lieu de district, grâce à Jacques-Antoine de Cazalès, puis chef-lieu de canton en 1800. L’activité économique de Grenade était alors, rurale et artisanale, et principalement tributaire de son marché et de ses foires.

L’après deuxième guerre mondiale ne sonnera pas le glas de la civilisation rurale de Grenade. Pour le moment, nous luttons pour nous préserver d’une urbanisation outrancière et nous avons conservé de nombreux espaces verts et agricoles. Espérons pour nos enfants que cela durera.

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